Nuits de paresse: Gaza

9.13.2006

Gaza

Pourquoi la situation des populations de Gaza ne s’améliore-t-elle pas ? Depuis la création de l’Etat d’Israël, les populations déplacées sur ce fin littoral de la Méditerranée vivent dans le dénuement le plus total. Malgré les plans d’aide, les accords de développement, les actions menées sur le terrain par toute sorte d’organisations humanitaires, la vie à Gaza est intenable. Et pourtant, ça tient. Prises en tenailles entre le Hamas et Israël, elles gardent l’espoir. Les groupes islamistes radicaux ont sous la main un vivier de désespérés quasi inépuisable (plus d’un million d’habitants) ; bien qu’entreprenante, la petite bourgeoisie naissante ne peut travailler dans des conditions décentes. Seules 200 000 personnes parviennent à subvenir à leurs besoins sans l’aide d’organisations caritatives.

L’Etat palestinien est exsangue, impossible de payer les fonctionnaires, les dettes, de financer les infrastructures sans crédits ou aide internationale. L’Union Européenne a beaucoup investi pour un résultat nul. L’arrivée au pouvoir du Hamas a encore un peu plus isolé ce pays. Les sanctions économiques qui ont été prises par l’UE et les Etats-Unis devraient être bientôt levées, mais pour quoi faire ? Si tout ce qui est fait doit être systématiquement défait, comment sur le long terme permettre le développement de ces territoires ? Le développement durable est pour ce pays un enjeu critique.

Aller vers où ? Tant que Gaza reste un enjeu intérieur pour Israël, rien ne peut être fait. Les différents gouvernements se servent de ces populations pour asseoir leurs positions intérieures. C’est un peu comme si nos gouvernements bombardaient la Corse à la moindre crise politique. C’est facile, efficace mais heureusement dans le cas de Gaza, ça semble marcher de moins en moins bien. Les partisans de la paix avec ce micro-Etat sont nombreux, les enjeux de politique intérieure semblent mieux posés, bref Israël commence à ressembler à une démocratie. Sans ça, pas de vie décente à Gaza.

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