Nuits de paresse: 11/22/08

11.22.2008

Le dire

Je crois que ça commence par quelque chose dans la voix. Une légère altération, de celles qui introduisent un changement de rythme dans une phrase, ou l’arrivée imminente d’un complément. Le moment devient solennel. Il ne l’est pas encore, il se prépare ; les mots se choisissent car impossible de bien démêler dans cette grosse pelote de vocabulaire ceux qui seront les plus à même d’exprimer intelligemment ce que l’on veut dire. On commence à être dit. On perd un peu les pédales. J’ai placé là une énergie qui me déstabilise et je compte sur la loi de la gravitation et autre force qui pousse ou tire pour arriver à peu près intact dans le lieu d’où je vois encore en débutant entre deux déséquilibres jaillir la lumière que j’ai voulu vouloir atteindre. Dans un tremblement de main, la voix déraille, et les yeux qui traînaient jusqu’alors calmement s’obstinent à saisir le mouvement des anges. C’est une seconde à peine en exagérant qu’il suffit d’enfreindre et tout va se dire sans qu’aucun recul, non, sans que plus rien, non, pour qu’il ne soit plus possible, non,non,non, dès le premier ton. Le reste ce sera du silence.
Quelque chose reste sur le rebord, vide et froissé. Il s’est bien passé quelque chose, son paquet est encore là.